Comparatifs & types de récupérateurs

Récupération d'eau de pluie : comment ça marche ?

Par L'équipe Aquacollect · Mis à jour le

Récupération d'eau de pluie : comment ça marche ?

Un récupérateur d’eau de pluie capte l’eau qui ruisselle sur votre toit, la débarrasse de ses débris, la stocke à l’abri de la lumière puis la met à disposition pour le jardin ou la maison. Derrière ce principe simple se cachent quatre étapes. Les comprendre permet de choisir le bon matériel et d’éviter les mauvaises surprises.

Le principe en une phrase

La récupération d’eau de pluie consiste à dévier une partie de l’eau qui s’écoule dans les descentes de gouttière vers une réserve, au lieu de la laisser partir dans le réseau pluvial ou dans le sol. Chaque millimètre de pluie tombé sur 1 m² de toiture représente 1 litre d’eau : sur une maison de 100 m² au sol, une averse de 10 mm apporte donc environ 1 000 litres, de quoi arroser un potager pendant plusieurs jours.

1. La collecte : toiture et gouttières

La toiture joue le rôle de « bassin versant ». Sa surface et son revêtement déterminent la quantité et la qualité de l’eau recueillie.

  • Tuiles, ardoises, bac acier : rendement élevé (coefficient 0,8 à 0,9), eau de bonne qualité pour le jardin.
  • Toit-terrasse gravillonné : rendement plus faible (0,6 à 0,7) et eau plus chargée en particules. Voir notre guide pour récupérer l’eau d’un toit-terrasse.
  • Toiture végétalisée : elle retient une grande partie de la pluie (coefficient 0,3 à 0,5) et colore l’eau.
  • Amiante-ciment ou plomb : à proscrire pour tout usage intérieur, la réglementation l’interdit.

L’eau descend ensuite par les gouttières et les descentes. C’est sur la descente qu’on installe un collecteur : une pièce qui détourne l’eau vers la cuve et renvoie automatiquement le surplus dans la descente quand la cuve est pleine. Pas de gouttière ? Il existe des solutions pour récupérer l’eau de pluie sans gouttière.

2. La filtration

La pluie entraîne feuilles, mousses, poussières, pollens et fientes. Sans filtration, ces matières organiques se décomposent au fond de la cuve et provoquent odeurs et eau trouble. On distingue trois niveaux :

  1. La crapaudine ou la grille de gouttière, qui arrête les feuilles avant la descente.
  2. Le collecteur filtrant (maille de 0,3 à 1 mm environ), installé sur la descente : c’est le minimum recommandé pour toute cuve de plus de 500 litres.
  3. Les filtres fins (cartouches de 20 à 25 microns, parfois complétées d’une lampe UV), placés après la pompe pour un usage domestique (WC, lave-linge).

Pour aller plus loin, lisez notre dossier sur la qualité de l’eau de pluie récupérée.

3. Le stockage

La cuve conserve l’eau jusqu’à son utilisation. Pour une eau qui reste claire, elle doit être opaque (la lumière fait proliférer les algues), fermée (moustiques, animaux, enfants) et équipée d’un trop-plein. Trois grandes familles existent :

TypeVolume courantPoints fortsLimites
Récupérateur aérien (tonneau, cuve murale)200 à 1 000 LPas cher, installation en 30 minutesPetit volume, sensible au gel et au soleil
Citerne souple1 000 à 10 000 L et plusGros volume sans terrassement, se glisse sous une terrasse ou dans un vide sanitaireDemande une surface plane et dégagée
Cuve enterrée3 000 à 10 000 L et plusInvisible, eau fraîche toute l’annéeTerrassement coûteux, pompe obligatoire

Le détail des avantages et inconvénients de chaque solution est dans notre comparatif enterré ou aérien et dans le match citerne souple contre cuve enterrée.

4. La distribution de l’eau

Deux cas de figure :

  • Par gravité : la cuve est surélevée (sur un socle ou un muret) et un simple robinet suffit pour remplir un arrosoir. La pression reste faible.
  • Par pompe : indispensable pour une cuve enterrée ou une citerne posée au sol, pour un tuyau d’arrosage, un goutte-à-goutte ou un nettoyeur haute pression. Une pompe immergée est silencieuse ; une pompe de surface est plus facile à entretenir.

Pour un usage à l’intérieur de la maison (WC, lave-linge), on installe un réseau séparé du réseau d’eau potable, avec une signalisation « eau non potable » sur chaque point de puisage. C’est une obligation réglementaire détaillée dans notre article sur la loi sur la récupération d’eau de pluie.

Quel système choisir ?

Le bon système dépend d’abord de ce que vous voulez faire de l’eau :

  • Arroser quelques jardinières ou un balcon : un récupérateur de 100 à 300 L suffit (voir nos solutions pour balcon).
  • Arroser un potager et un jardin de taille moyenne : visez 1 000 à 5 000 L pour tenir pendant les semaines sèches.
  • Alimenter WC et lave-linge : comptez au moins 5 000 L pour une famille de quatre personnes.

Pour dimensionner précisément votre cuve, utilisez notre méthode de calcul du volume récupérable, puis estimez vos gains avec le simulateur d’économies.

Questions fréquentes

Combien d’eau de pluie peut-on récupérer par an ?

Multipliez la surface de toit (en m²) par la pluviométrie annuelle (en mm) et par un coefficient de 0,8 à 0,9 pour une toiture en tuiles. Un toit de 100 m² à Paris (environ 640 mm/an) peut ainsi fournir près de 50 000 litres par an.

L’eau de pluie récupérée est-elle potable ?

Non. Même filtrée, l’eau de pluie de toiture n’est pas considérée comme potable en France. Elle est réservée à l’arrosage, au nettoyage et, sous conditions, aux WC et au lave-linge.

Faut-il une pompe pour utiliser l’eau de pluie ?

Pas pour un petit récupérateur surélevé muni d’un robinet : la gravité suffit. Une pompe devient indispensable dès que la cuve est enterrée, posée au sol en grand volume ou qu’on veut alimenter un tuyau d’arrosage sous pression.

Un récupérateur d’eau de pluie doit-il être déclaré ?

Non pour un usage extérieur (arrosage, lavage). Une déclaration en mairie est demandée si l’eau de pluie est utilisée à l’intérieur de la maison et rejetée dans le réseau d’assainissement collectif.